La politique monétaire – Economie BAC/FSJES/BTS

La politique monétaire – Economie BAC/FSJES/BTS

La politique monétaire

Tout d’abord la politique monétaire est l’action par laquelle l’autorité monétaire, en général la banque centrale, agit sur l’offre de monnaie dans le but de remplir son objectif de triple stabilité, à savoir la stabilité des taux d’intérêt, la stabilité des taux de change et la stabilité des prix. (Wikipédia)

Définition de la monnaie :

Comme définition la monnaie est constituée par l’ensemble des moyens de paiement dont disposent les agents économiques pour régler leurs transactions. C’est un bien d’échange généralement accepté par une communauté de paiement.

Remarque : la monnaie est créée pour faire face aux inconvénients du troc :

Problème de stockage des biens et leur détérioration avec le temps

Existence de biens indivisibles, possibilité de ne pas trouver une personne qui a le besoin de votre marchandise

Les fonctions de la monnaie

Intermédiaire des échanges

Parce que la monnaie est un instrument de paiement dont le pouvoir d’achat est généralement immédiat

Mesure des valeurs

La monnaie est une unité de compte (ou étalon) qui permet de mesurer et de comparer la valeur

Réserve de valeurs

C’est  dire que la monnaie peut être conserver pour une utilisation ultérieure

Les formes de la monnaie

Anciennes formes 

  • Le troc

Échanger des marchandises contre d’autres marchandises. Cependant ce système présente des inconvénients (Voir la remarque ci-dessus)

  • La monnaie marchandise

Il s’agit d’utiliser une marchandise comme moyen d’échange exemple : le sel, le blé, le bétail etc.

  • Monnaie métallique

L’échange est réalisé en utilisant des pièces en métaux précieux (Or, Argent, Cuivre…) cette monnaie présente des avantages suivants : durable, homogène, divisible

Actuelles formes de la monnaie

  • La monnaie fiduciaire

C’est la monnaie qui est fondée sur la confiance ; il s’agit des billets de banque et de la monnaie divisionnaire dont la valeur est fixée par décret

  • Monnaie scripturale

Il s’agir de l’ensemble des dépôts à vue détenus par les agents économiques et circulant par le biais des chèques, virements, et carte de crédit

  • Fonction de régulation

Appelé aussi monnaie électronique ou monétique, c’est l’ensemble des techniques informatiques et électronique permettant l’échange de fonds sans support papier

Motifs de la demande de la monnaie Selon Keynes

Transaction

Besoin de monnaie résulte de la nécessité de régler les échanges courants

Précaution

Le besoin de monnaie résulte d’un désir de sécurité face aux incertitudes de l’avenir

Spéculation

Pour cette cas le besoin de monnaie résulte de la possibilité de tirer profit de l’évolution du taux d’intérêt

Les agrégats monétaires : la masse monétaire (M3)

C’est la quantité de monnaie détenue par les agents économiques non financiers résidents sur un territoire. C’est donc un stock de monnaie à une date donnée, stock évalué par les autorités monétaire (BAM), par des indicateurs appelés agrégat monétaires

M1 = Monnaie fiduciaire + Monnaie scripturale
M2 = M1 + Placement à vue
M3 = M2 + Placement à terme

LES COMPOSANTES

Monnaie fiduciaire :
– Billets de banque (monnaie de papier)
– Pièces divisionnaires (monnaie métallique)
Ensemble d’actifs servant directement d’instrument de paiement
Monnaie scripturale :
– Dépôt à vue de BAM/des banques/du trésor/de la poste
Actifs servant directement d’instrument de paiement
Les placements à vue : (court terme)
– Les comptes sur carnet auprès des banques
– Comptes sur livrets auprès de la caisse d’épargne nationale
(Quasi-monnaie)
Les actifs relativement liquides
Placement à terme : (Moyen et long terme)
– Dépôt à terme à échéance fixe auprès des banques
– Certificats de dépôt souscrits par les particuliers et les entreprises non financières
Des actifs non disponibles immédiatement

Les contreparties de la masse monétaire (M3)

Réserves internationales nettes

= ∑entrées de devises – ∑sorties de devises

  • Si : ∑entrées de devises > ∑sorties de devises → Création monétaire
  • Si : ∑entrées de devises < ∑sorties de devises → Destruction monétaire

Créances sur l’économie

Y compris des concours des banques et des crédits de BAM

  • Crédit à court terme : facilités de caisse, crédits à la consommation
  • Crédit à moyen terme : d’équipement, d’exportation, d’habitation ou à la consommat°
  • Crédit à long terme : d’équipement, d’exportation, d’habitation ou à la consommat°

Créances nettes sur l’administration centrale (Etat)

Si les recettes sont insuffisantes pour exécuter le budget de l’Etat, le trésor fait appel :

  • A la BAM qui crée de la monnaie fiduciaire pour satisfaire les besoins du trésor, elle va avoir sur lui une créance appelée avances à titre de facilité de caisse
  • Aux banques de dépôt, dans ce cas le trésor émet des bons de trésor contre lesquels il reçoit de la monnaie
  • Aux particuliers (ménages) et entreprises ayant des dépôts auprès du trésor et du service des chèques postaux

Créances sur l’extérieur

Crédits sur des banques étrangers

Les 3 origines de la création monétaire

La distribution des crédits par les banques

Principale source de création monétaire. Lorsque une banque accorde un crédit à une entreprise ou un ménage

Le financement du déficit budgétaire

Lorsque les dépenses de l’Etat sont supérieures à ses recettes, un déficit apparaît.

Ce dernier est financé par l’emprunt : avances de la banque centrale et crédits accordés par les banques

L’acquisition de devises par la banque centrale

La banque centrale achète des devises aux agents économique.

En contrepartie, elle émet la monnaie nationale. A l’inverse, elle réduit la monnaie lorsque les devises sont demandées par les agents économique

Les objectifs de la politique monétaire (PM)

Objectifs IntermédiairesObjectifs Finals (carré magique)
Contrôle de la masse monétaire : les autorités monétaires fixent le taux annuel de la croissance de la masse monétaire en fonction du taux de croissance du PIB à atteindre et compte tenu d’un taux d’inflation anticipé
le contrôle des taux d’intérêt : des taux élevés peuvent théoriquement encourager l’épargne au détriment de la consommation, mais peuvent attirer des capitaux spéculatifs, décourager l’investissement et partant augmenter le chômage. Et vice versa.
Et le contrôle du taux de change : la bq centrale définit un taux de change d’équilibre et s’efforce de défendre cette parité
Taux de la croissance économique : la politique monétaire selon Friedman assurera une croissance non inflationniste si la croissance de M3 suit la croissance économique réelle
La lutte contre l’inflation : ↑ taux d’intérêts → ↓ taux d’inflation
Lutter contre le chômage : ↓ taux d’intérêts → ↑ des investissements → création d’emplois
L’équilibre de la balance des paiements : si un pays est confronté à un déséquilibre extérieur, une politique monétaire restrictive permet d’attirer les capitaux et de limiter la dépréciation de la monnaie  

Apports théoriques de la politique monétaire

Les classiques / monétaristesLes keynésiens
L’économie est en situation de plein-emploi parce que le chômage est volontaire

Raisonnement sur le long terme

La théorie quantitative de la monnaie: toute augmentation de M3 génère de l’inflation M*V = P*Q

La monnaie est neutre : elle n’a pas à long terme d’effet réel sur l’activité économique

L’inflation est partout et toujours un phénomène monétaire (M. Friedman)

Politique monétaire restrictive ou de rigueur (lutter contre l’inflation)

économie est en situation de sous-emploi parce que les gens ne trouvent pas des emplois
Raisonnement sur le court terme
La théorie quantitative de la monnaie : toute augmentation de M3 génère de l’inflation M*V = P*Q

Monnaie n’est pas neutre : s’il existe des capacités de production non utilisées, l’accroissement de la masse monétaire conduira d’abord à un accroissement de l’activité économique

La politique monétaire expansive (priorité à la lutte contre le chômage)

Les instruments à objectifs internes

Les actions sur la liquidité bancaires

Réserve monétaire

La réserve obligatoire est un système obligeant les banques à déposer en compte non productifs d’intérêts à la banque centrale (BAM), une fraction déterminée de leurs dépôts.

Ce système permet à la banque centrale, en modulant le taux de la réserve de modifier le niveau de liquidités bancaires selon la conjoncture

Actions sur le marché monétaire

Taux directeur

C’est le taux d’intérêt au jour le jour décidé par la banque centrale pour intervenir directement ou indirectement sur la portion interbancaire du marché monétaire où les banques se refinance ou remplacent leurs excèdent de liquidités

Open Market

Intervention de la banque centrale sur le marché monétaire pour vendre (cas d’excès de liquidités) ou acheter des titres (cas d’insuffisance de liquidités) afin de réguler la quantité de monnaie en circulation

Swap de change

Il s’agit d’une opération qui permet à la BAM d’acheter ou vendre des dirhams contre des devises pour agir sur les liquidités bancaires et donc sur la masse monétaire

Reprises des liquidités

Est un instrument de retrait des liquidités excédentaires sur appel d’offre à l’initiative de la BAM pour inciter les banques à déposer leurs avoirs sous forme de dépôts rémunérés

Facilité de dépôt

Si les reprises de liquidités sont à l’initiative de la BAM, les facilités de dépôt sont à l’initiative des banques moyennant une rémunération à un taux d’intérêt

Pension livrée

Ce sont des contrats de gré à gré entre la BAM et les banques, par lesquels les deux parties conviennent de se céder en pleine propriété des titres moyennant un engagement de rétrocession, à un prix déterminé à l’avance

Les avance de Bank Al-Maghreb

Les avances à 7 jours : sont des avances faites sur appel d’offre à l’initiative de la BAM une fois par semaine au profit des banques à un taux d’intérêt préalablement annoncé

Avances à 24h : ils sont des facilités permanentes à la disposition des banques afin de faire face à un besoin ponctuel de liquidité, il s’agit des avances faites à l’initiative des banques à des taux supérieurs à celui des avances à 7 jours

Instruments à objectifs externes

En situation de change fixe

 Dévaluation (Changement de la parité en baisse)Réévaluation (Changement de la parité à la hausse)
DéfinitionC’est une décision officielle des autorités monétaires consistante à diminuer la valeur de la monnaie nationale par rapport un étalon de mesure :
.Avant la dévaluation : 1euro = 10 dh (1dh=0.1euro)
Après la dévaluation : 1euro = 11 dh (1dh=0.9euro)
C’est l’opération inverse de la dévaluation qui consiste à augmenter la valeur de la monnaie nationale par rapport à un étalon de référence.
Avant la réévaluation : 1euro = 10 dh (1dh=0.1euro)
.Après la réévaluation : 1euro =  9 dh (1dh=0.11euro)
Les conséquences positivesRéduire le déficit de la balance commerciale
Favoriser les exportations et freiner les importations
Encourager les produits nationaux
Encourager le tourisme
Freiner la fuite des capitaux
Lutter contre l’inflation
Rendre les biens importés moins cher
Alléger le poids de la dette extérieure
Conséquences négativesAlourdir de poids de la dette extérieure
Risque d’inflation
Difficulté d’importer des biens indispensables
Aggraver le déficit commercial
Défavoriser les exportations et encourager les importations
Décourager le tourisme
Décourager les produits nationaux

Situation de change flottant

La banque centrale peut agir différemment selon les tendances de la monnaie nationale :

  • En cas de dépréciation : la BAM peut augmenter le taux d’intérêt pour attirer les capitaux étrangers donc augmentation de la demande de la monnaie nationale ou acheter elle-même sa monnaie pour augmenter sa demande et donc lutter contre l’inflation
  • Cas d’appréciation : Bank Almaghreb peut diminuer le taux d’intérêt qui se traduit par la sortie des capitaux et donc baisse de la demande de la monnaie ou vendre elle-même sa monnaie pour diminuer sa demande et donc lutter contre son appréciation

même avantages et limites que le système de change fixe

voir aussi :

Politique économique, carré magique – Economie BAC

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